Quand le député joue les nounous !

La proposition du député d'Ille et Vilaine Thierry Benoit concernant le « regroupement des assistantes maternelles » n'a rien d'une initiative originale et encore moins locale.

En effet, Nadine Morano, la secrétaire d'État à la famille a proposé en 2009 ce fameux « regroupement des assistantes maternelles » dans un local extérieur à leur domicile. Dans le même temps, la garde en jardin d'enfants et l'accueil des enfants de poins de 3 ans à l'école maternelle a été restreint. Toutes mesures prises dans un contexte de natalité dynamique !

Il manque aujourd'hui 350 000 places pour satisfaire les besoins d'accueil de la petite enfance...

Manque de places, aides insuffisantes expliquent le fait que 50% des enfants de moins de 3 ans sont gardés par un de leurs parents sans que cela soit un véritable choix.

Le désengagement de l'État se double de dispositifs d'accompagnements des familles devenus profondément inégalitaires. C'est ainsi que la somme restant à la charge de la famille ayant un revenu égal au SMIC, quand elle paie une assistante maternelle, représente 9,2% de son revenu contre 3,8%, seulement, pour un ménage gagnant 7 fois le SMIC...

L'actuel mouvement de grève des professionnels de la petite enfance illustre la dégradation programmée à la fois des conditions d'accueil des enfants et de travail des professionnels pour des raisons uniquement budgétaires. Ils méritent tout notre soutien car précisément, c'est dès la petite enfance que se joue la question de l'égalité des chances.

Les économies à tout prix font perdre de vue l'essentiel : des conditions d'accueil de la petite enfance sécurisantes, accessibles, épanouissantes pour les enfants comme pour les professionnels.

Pour cela , il faut des moyens et donc plus de solidarité dans les politiques publiques.

Tout le contraire des mesures prises par le gouvernement Sarkozy/Fillon. Il prive les collectivités territoriales de toute autonomie financière par les réformes fiscales et favorise chaque jour davantage les riches au détriment des ménages les plus modestes et de leurs enfants.

Monsieur le Député, la réponse aux questions d'accueil de la petite enfance ne consiste pas pas à bricoler des solutions locales aussi inefficaces qu'irréalistes...mais bien à s'opposer aux politiques publiques nationales actuelles qui tournent le dos à toute logique de solidarité et

d'attention aux plus fragiles...

 

Marie-Pierre Rouger

Vice-Présidente du Conseil Régional de Bretagne