Après le premier tour

Le premier tour des élections législatives 2017 marque un point d'étape déterminant dans l'entreprise de démolition massive menée par deux forces idéologiquement contradictoires mais cohérentes dans les effets qu'elles produisent.
Emmanuel Macron, et Jean-Luc Mélenchon, chacun à leur place peuvent savourer avec délice le résultat des tactiques destructrices qui les ont menés là où ils en sont. De ce point de vue, ils ne sont que de simples continuateurs de l'action conduite par François Hollande depuis 5 ans.

Au passage, on se réjouira néanmoins de la défaillance du détonateur de la troisième bombe à fragmentation portée par Marine Le Pen et on espérera qu'il ne s'agit pas là d'un simple retard à l'allumage ou d'une bombe à retardement.
Les deux premiers larrons, qui ont maintenant, et plus que jamais, besoin l'un de l'autre dans leurs comédies politiques, sont parvenus à leurs fins. On ne nous fera pas croire qu'il s'agit là du résultat d'un nouveau souffle citoyen car jamais une élection législative n'aura connu un tel niveau d'abstention.
De nombreux électeurs de gauche déploreront comme nous que les stratégies nationales, dans le sillage de l’élection présidentielle, n’aient pas permis de présenter des candidatures de rassemblement sur tout le territoire s’adossant à une base programmatique claire et partagée comme nous avons pu le faire à Fougères ou Saint Malo. Nous pensons particulièrement aux militants socialistes qui avaient sincèrement soutenu la candidature de Benoît Hamon et ne pouvaient en aucun cas se retrouver dans les choix du Parti Socialiste et de son leader maximo en Bretagne. Nous pensons également aux militants communistes qui avaient sincèrement pensé que leur Front de Gauche deviendrait autre chose qu'une rampe de lancement à l'épopée insoumise. Souhaitons que nous puissions à l’avenir toutes et tous travailler ensemble tant au niveau national que local. Les idées progressistes que nous portons et défendons au quotidien sur le terrain sont non seulement absolument nécessaires dans la période actuelle mais méritent mieux que les querelles d’ego et d’appareils.
Les questions environnementales, sociales et démocratiques seront évidemment au cœur des discussions des prochains mois car après cette période de démolition il nous faut passer à une phase de réconstruction collective.
Désormais, l’avenir est à une force démocratique portée par les acteurs à l’œuvre sur le terrain de l’urgence sociale, démocratique et écologique. Si la République en Marche ne veut pas trébucher au premier obstacle, elle devra apprendre à rythmer ses pas sur ceux des mouvements citoyens soucieux de faire vivre au quotidien et pour tous l’Égalité,la Liberté et la Fraternité. Si les insoumis de Mélenchon veulent qu'on leur tende la main il faudra qu'il nous présentent autre chose qu'un grand bras d'honneur
Dans l'immédiat, à la veille de ce second tour, nous appelons les électrices et les électeurs à orienter leur vote en fonction de cet objectif de reconstruction ouverte et authentiquement citoyenne.