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Au delà des analyses globales sur les conséquences de présidentielles et des prochaines législatives à venir, peut-être est-il intéressant de s’arrêter sur le cas spécifique de la Bretagne, dont le Baron, grand marchand d'armes et vieux compagnon de chambrée du roi Hollande a joué un rôle particulier dans la période qui se ferme et souhaite probablement en jouer un dans celle qui s'ouvre.
De ce point de vue, il semble éclairant de relire le contexte des dernières élections régionales à la lumière de ce qui se passe aujourd'hui et, inversement, de mieux comprendre ce qui se passe en 2017 à la lumière de ce qui s'est passé en 2015.

En 2015, donc, s’asseyant royalement sur le principe du non-cumul des mandats, JYLD a réussi à se faire passer pour l'homme providentiel, capable de faire barrage à la droite et ses extrêmes après avoir vaillamment défendu les frontières de son territoire face au petit jeu cynique du grand découpage des Provinces. Ce faisant, adoubé par son Parti, mais n'en tenant aucun compte si ce n'est en apparence, il s'est définitivement débarrassé des écolos et il est allé faire ses courses chez régionalistes. Il a donné des signes très clairs au patronat breton et au lobby agroalimentaire en présentant, avant l'heure, un programme macronien mêlant productivisme, libéralisme, métropolisation... dont les conséquences n'ont pas fini de peser, à long terme sur l'environnement breton.
Ne peut on voir là comme une démarche « en éclaireur »  d'une stratégie de conquête que l'on a vu se développer à l'occasion des élections présidentielles ?
Sans tomber dans une forme de théorie du complot, ne peut-on penser qu'un connivence antérieure à l'élection présidentielle existe entre l'ancien Ministre de l’Économie et celui de la Défense ?
Quoi qu'il en soit, notre bien-aimé Président de Région dispose aujourd'hui de toutes les armes. Celle du PS et celle d'En Marche. Il ne se privera pas de les utiliser pour gagner les circonscriptions bretonnes dans l’intérêt de son nouveau chef d'état-major. En fonction des territoires et des circonstances, il pourra mettre en avant l'une ou l'autre carte pour placer ses pions. Les petites soldats de Hamon au sein du PS n'y pourront rien. Ils iront se faire laminer dans des opérations suicides sous le tir croisé entre mélenchoniens, frontistes et macronistes.
Ainsi, le champ de bataille sera dégagé pour les combats à venir et le Prince Le Drian, dans sa grande mansuétude désignera son dauphin, le colonel Richard Ferrand, pour lui succéder à la tête de la Région qu'il aime tant, au grand dam des anciens vassaux qui, peu à peu auront compris qu'ils n' étaient plus en grâce faute d'avoir fait le bon choix au mon moment.
La construction d'une résistance à cette stratégie sera longue, mais elle bénéficiera peut-être des conséquences d'une évidence avancée par Hamon pendant sa campagne : « on peut négocier avec des banques, pas avec la planète » et peut-être les algues vertes finiront-elles pas étouffer les ambitions des vieilles dynasties bretonnes.