Lundi noir pour Notre Dame des Landes

Lundi noir pour tous ceux qui, soucieux de l’intérêt général et de l’avenir, s’opposent à l’actuel projet d’aéroport de Notre Dame des landes.

La décision de la Cour administrative d’appel de Nantes est incompréhensible.
Les partisans du projet sont satisfaits. Pourtant, ils en restent aux vieux schémas binaires dépassés: le développement économique qu’ils défendent coûte que coûte ou le respect la nature avec ses espèces protégées et ses équilibres écologiques à préserver. Or, les opposants à NDDL ont toujours parlé d’alternative réaliste, économe, dimensionnée aux besoins réels par le réaménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Les expertises en la matière ont été nombreuses, conséquentes, abouties. La meilleure illustration en est le rapport des experts missionnés par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal en avril dernier. « Le projet, fruit d'une conception ancienne, est surdimensionné » avaient-ils précisé. Même conclusion rappelée il y a tout juste une semaine par la rapporteure Publique, une magistrate indépendante : « Inutile de déroger au droit français et européen pour construire Notre-Dame-des-Landes puisqu'il existe une  alternative avérée, crédible, satisfaisante et moins dommageable  en réaménageant l'actuel aéroport Nantes-Atlantique » avait-elle rappelé.
Il est choquant de voir les partisans de l’aéroport demander que les occupants des terres de NDDL respectent la Loi alors même que l’aéroport ne peut se construire qu’en dérogeant au cadre légal qui protège le bien commun.
Rappelons que le site de Notre-Dame-des-Landes est une tête de bassin versant, alimentant les affluents de la Loire au sud et de la Vilaine au nord-ouest, toute intervention sur place relève d’une protection par la loi sur l’eau. Ces lois n’ont pas été votées pour faire plaisir aux écologistes mais parce qu’elles étaient indispensables à toute forme de vie et d’activité sur les territoires.
C’est pour cette raison que l’opposition à NDDL est et restera légitime.

Marie-Pierre Rouger
Co-présidente Bretagne-Ecologie