Pacte d’avenir : misons sur le long terme !

Face aux crises à répétition qui affectent la Bretagne, le gouvernement a proposé l’élaboration d’un « Pacte d’Avenir ». Tout le monde s’accorde sur l’urgence absolue de cibler les salariés en difficulté après l’effondrement des grandes entreprises agro-alimentaires.

Mais pour réussir ce premier volet du pacte, les partenaires sociaux, plus particulièrement les syndicats doivent y être associés, aussi Bretagne-Ecologie préconise la constitution d’une cellule de pilotage avec ces derniers, la Région et Pôle Emploi. De véritables plans de formation élargis aux TPE et PME pourraient être bâtis et accompagnés ou non de créations d’entreprises.

Cette action s’articulerait avec la politique territoriale animée par la Région en tenant compte des spécificités propres aux 21 pays et des ressources potentielles des territoires.

Ensuite, se pose la question des remèdes à plus long terme.

L'urgence de la situation ne doit pas conduire à négliger la phase de diagnostic qui permettrait d'analyser les raisons de la crise actuelle qui touche l'agriculture et l'agro-alimentaire

Un trop grand nombre d’agriculteurs et d'industriels réclament toujours moins de normes environnementales, de règlements, d’impôts et de taxes et toujours plus de subventions et d’aides pour continuer à alimenter un modèle qui est déjà dans le mur. Sans compter la grande distribution, responsable de la faiblesse des marges laissées à l’industrie et à la production, qui s’invite maintenant au bal sans problème d’éthique. On le constate chaque jour, la nécessité d’une transition est de plus en plus partagée, hormis par les principaux intéressés.

En consolidant et en multipliant les centres de recherche-développement en agri-agro la Bretagne prendrait le chemin du « produire mieux » : plus de qualité, de nouveaux produits, développement des labels (bio, non-OGM, …). En concentrant ses efforts sur la valeur ajoutée, elle éviterait le dumping social ou les délocalisations et ferait cesser l’hémorragie vers d’autres zones géographiques pour la transformation des produits.

Imaginons une région productrice d’une alimentation saine, d’une eau de qualité, où les émissions de gaz à effet de serre seront divisées par quatre, les pesticides et les nitrates réduits considérablement. Ce scénario est à notre portée si nous nous en donnons les moyens. 

Nous voulons une République des régions. Une Bretagne fière de son identité qui continue à être une terre d’accueil de court, de moyen ou de long terme car nous avons tout à gagner à ne pas nous refermer sur nous-mêmes ou sur notre passé. Nous ne sommes pas au bout de notre vieux continent, nous sommes aussi une de ses portes d’entrée par notre façade maritime et le lien à l’Europe ne se fera demain que par des moyens de transports efficaces limitant l’impact CO2.

Nous savons produire de l’énergie propre sur terre, en mer et jusque dans nos rivières. Nous savons construire durablement avec des matériaux locaux. Des agriculteurs démontrent chaque jour qu’il est possible de produire une alimentation de qualité sans céréales OGM importées, dans le cadre de circuits-courts. Ces logiques de production peuvent être élargies. C’est une question de choix.

C’est pourquoi, les moyens importants qui vont être consacrés par l’Etat et la Région au « Pacte d’Avenir », plutôt que venir boucher provisoirement les brèches du modèle productiviste, doivent être consacrés à la mise en œuvre de la transition économique, écologique et énergétique.