Echos de la session d'avril 2015

Intervention de politique générale

Marie-Pierre Rouger

Depuis notre dernière session, notre pays, nos territoires ont vécu les élections départementales dans le cadre d’une décentralisation loin d'une véritable régionalisation que nous appelions et que nous continuerons à appeler de nos vœux. Le gauche bretonne a perdu un département emblématique mais elle reste majoritaire dans la Bretagne historique. Aucun élu d’extrême droite ne siégera dans un département breton.

Ajoutons à cette bonne nouvelle celle de voir le département du Finistère présidée par une femme.. . Une parmi les dix en France qui vont diriger une assemblée départementale. La parité a fait un petit pas en avant , mais de grands pas restent encore à accomplir pour une réelle égalité à tous les niveaux de responsabilité institutionnelle. 

Pour rassurer et répondre aux attentes des citoyens exprimées à l'occasion de ce dernier scrutin, il nous faut construire et faire progresser ce qui nous rassemble à savoir un engagement déterminé pour apporter des solutions durables aux questions essentielles que sont les enjeux des inégalités sociales, de l’emploi, du climat, de la transition énergétique. C'est le plus sûr moyen de lutter contre l’abstention désabusée de ceux pour qui l’austérité ne saurait être une fatalité.

Outre ce temps marquant de la démocratie que sont les élections, l’actualité a continué à être ponctuée par des événements douloureux et traumatisants. A Tunis, le 18 mars, le musée du Bardo a été victime d’une attaque meurtrière. Cette fois, c'est un symbole de la culture, de l’histoire, de l’éducation, de l’ouverture au monde qui a été visé.

Dans ces conditions, la décision des responsables du Forum Social Mondial de maintenir, à Tunis l’organisation des rencontres prévues de longue date constitue la meilleure réponse des forces de paix et de démocratie qui agissent pour que le monde devienne plus juste, plus humain, plus solidaire, plus libre.

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Avis sur le projet départemental de gestion des déchets non dangeureux du Finistère

Marie-Pierre Rouger

Tout d’abord, à l’occasion de cette délibération, je tiens à saluer le travail très important que vient de faire le CESER sur la question des « déchets en Bretagne : un cercle vertueux ». Le document qui en est issu nous permet d’avoir un regard d’ensemble et de guider les décisions des collectivités impliquées.

Globalement, en France, on observe une inversion de tendance depuis 2000. Entre 1945 et 2000, les quantités de déchets ménagers ont été multipliées par deux, mais depuis 2000, les volumes diminuent légèrement chaque année. Cette évolution reste cependant difficile à analyser, car elle est liée à un ensemble de facteurs différents : la mobilisation politique sur la question des déchets, au niveau régional, départemental et communal, le développement du réemploi, la prise de conscience des ménages, …

Les départements bretons n’échappent pas à ce courant et c’est tant mieux. Raison de plus pour chercher à traiter ces questions en proximité, c’est-à-dire au plus près de leur source. Tous les élus locaux, et particulièrement ceux qui travaillent sur ces question sont confrontés au vieux phénomène du NIMBY (Not In My Back Yard. On a toujours tendance à repousser ce que l’on perçoit comme nuisance le plus loin possible de soi.

Le Finistère doit donc pouvoir rechercher des sites de stockage, en accord avec la population. En disant cela, je souligne que je connais bien la difficulté de l’exercice.

La baisse de 18 % en 8 ans du poids des Ordures Ménagères à incinérer en Finistère pourrait avoir des effets pervers qui conduiraient à solliciter des importations de déchets pour combler cette baisse. Outre les questions de transports et donc de coût autant que conséquence sur les gaz à effet de serre, il me semble que cette solution d’importation serait moins judicieuse que la recherche d’arrêt d’un four d’incinération dans ce département.

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Projet ferroviaire dans la cadre de Bretagne Grande Vitesse

Emile Bihan

S’il est un sujet qui fait consensus en Bretagne depuis plusieurs années, c’est bien l’objectif de « Bretagne à Grande Vitesse » pour mettre la pointe de la Bretagne à trois heures de Paris. La Région Bretagne et les collectivités se sont très fortement impliquées dans le projet.

A-t-on mis trop d’espoir dans la grande vitesse ? A-t-on suffisamment mené des évaluations précises sur ce qu’apporte réellement le TGV aux Régions irriguées en termes économique, social, touristique ? Dans le domaine de l’aménagement du territoire, n’a-t-on, dans le passé, pas trop donné de vertus au TGV au détriment des autres transports ferroviaires ?

Toujours est-il que nous nous posons maintenant très concrètement la question de la diffusion de la grande vitesse à tout le territoire breton. Il s’agit de résoudre la contradiction que certains disent apparente, entre vitesse et donc respect des engagements de durée de trajets d’une part, et d’autre part les multiples revendications d’arrêt des différentes dessertes actuelles du TGV.

Au passage, ce qui semble certain, c’est le bénéfice qu’en tirera la gare de Rennes qui profitera pleinement de la ligne nouvelle prochainement livrée, accentuant encore plus le déséquilibre est-ouest de la Bretagne.

Au-delà de Rennes, l’équilibre sera à trouver entre l’intérêt de la vitesse du TGV et l’objectif de desserte TER afin de répondre aux besoins de déplacements du quotidien, mais aussi comme réponse aux enjeux climatiques et au Schéma Régional Climat Air Energie.

Alors oui, il est indispensable de parvenir à une amélioration de l’offre TER à partir de 2017 et cela aura un coût qu’il est préférable d’envisager dès maintenant et bien sûr cela a des conséquences en termes d’investissement de matériel. 

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