Lettre des élu-e-s n°25

Sommaire :

  • L'écologie face à la finance /
  • Le compteur "linky /
  • Transports en Bretagne : après le plan "investir pour l'avenir"

 

Le 9 juillet dernier, en annonçant, son plan d’investissements d’avenir Jean-Marc Ayrault a-t-il voulu plaire aux « écolos », comme certains commen-tateurs se sont empressés de le dire ? S’agissait-il de se faire plaisir ou d’agir ? Plusieurs décisions annon-cées par le Premier Ministre vont réellement dans le bon sens.

En quantité d’abord, puisque la moitié des 12 milliards du plan serait consacrée à des investissements directs ou indirects pour la transition écologique. En qualité ensuite, puisque les règles d’éco-conditionnalité devaient guider les choix des appels d’offres qui en seront issus. En thématique choisie enfin, puisque le logement et la rénovation thermique devraient en constituer l’une des priorités.

La méthode pour mettre en place le plan nous paraît également bien adaptée, car elle entrerait en cohérence avec les politiques choisies par notre majorité régionale puisque tout devrait pouvoir se négocier au sein des contrats de plan État-Régions qui couvriront la période 2014-2020. Pour autant, tous les arbitrages du Premier Ministre ne nous satisfont pas en tant qu’élus bretons (cf. notre article sur les transports au dos de cette lettre) et nous espérons bien que l’ancien Maire de Nantes appliquera le prin-cipe d’éco-conditionnalité pour trancher sur l’utilité de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, …

Après son éviction du gouvernement, Delphine Batho avait conclu sa conférence de presse en soulignant que « C'est sur l'écologie que se concentre l'affrontement avec le monde de la finance. Les forces opposées au changement sont puissantes. Le moment est venu de se mobiliser pour y faire face ».

En effet, l'écologie, en plus d’être un impératif pour la sauvegarde de la planète, est aussi un moteur de la relance de l'économie. Alors que de nombreux pays européens entrent dans la transition énergétique pour faire face à la crise écologique et climatique, la France ne peut et ne doit pas prendre le chemin inverse.

L'économie verte est un puissant vecteur de création d'emplois dans l'isolation du bâti, l'écoconstruction, l'éolien terrestre et offshore, le so-laire, l'hydrolienne, la mobilité décarbonée .... Avec ces milliers de jeunes formés, qualifiés aujourd'hui sans emploi et ces 8 millions de foyers qui souffrent de précarité énergétique (cf. notre brève), notre pays ne peut « s'offrir le luxe » de priver le Ministère de l’Écologie de 500 Millions d'euros, ce qui signifie 1 000 suppressions directes de postes. Ce sont tous les leviers déterminants pour atteindre les objectifs de reconquête de la qualité de l'eau, de l'air, de maîtrise de l'énergie, de production d'énergies renouvelables, de santé environnement déjà fragilisés ces derniers mois qui s'en trouveraient gravement compromis, et le plan « investir pour l’avenir » du Premier Ministre avec.

Nous savons que le ministère de l'écologie a été de tout temps la proie de puissants lobbies : nucléocrates, productivistes, ultra-libéraux indifférents au sort de l'humanité et de la planète et lobbies pro-gaz de schistes (relayés par Montebourg, revenant sans cesse sur le sujet). Delphine Batho en a, triste-ment, fait le frais.

Nous faisons confiance à Philippe Martin, qui prend maintenant le porte-feuille de l'Écologie. Nous savons qu’il ne découvre pas les questions environ-nementales puisqu’il a su mener un combat acharné contre les OGM, soutenant l'activation de la clause de sauvegarde afin de suspendre l'utilisation du maïs transgénique (Mons 810). Nous verrons bien aux actes posés.

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