Lettre des élu-e-s n°28

Sommaire : 

  • Bonnet rouge et rouge bonnet ?
  • Pacte d'avenir
  • Changements au CESER

La société Armor-Lux est en train de se faire une bonne publicité et toutes les productions « produit en Bretagne » avec elle. La campagne aurait pu être parfaite si la presse n’avait pas révélé que les fameux bonnets rouges vendus à prix coutant, il y a quelques semaines à Quimper, avaient été fabriqués en Ecosse. Qu’à cela ne tienne, on trouve maintenant les mêmes bonnets surs les Champs Elysées parisiens, fièrement arborés comme un signe de reconnaissance par des militants d’extrême droite cherchant à semer encore un peu plus le doute dans les têtes.

Car si les bonnets sont un peu tous les mêmes, ou presque selon leur lieu de fabrication, les têtes qui les portent sont bien différentes et son issues de courants de pensée qui ne devraient rien avoir à faire ensemble. Le plus douloureux pour nous est d’avoir vu s’associer des salariés d’entreprises de l’agro-alimentaire à la déroute, des petits producteurs ou artisans des transports victimes de politiques patronales aveugles et suicidaires. Ces patrons à qui on devrait imposer de porter le bonnet d’âne, tant ils se sont butés à mener des politiques de court terme.

Oui, ce mouvement des bonnets rouges est confus. On y retrouve des défenseurs de l’autonomie régionale (déçus par le projet de loi sur la décentralisation) à côté de ceux qui réclament une forte intervention de l’État français, et ce sont parfois les mêmes. On y voit des élus qui se plaignent d’une asphyxie insupportable due à l’impôt alors qu’ils ont accordé auparavant les plus grandes largesses aux plus aisés, créant ce déficit budgétaire abyssal. On y aperçoit ceux qui réclament un accès plus rapide à la capitale sans dire comment il sera possible de financer les infrastructures. Au premier rang, enfin, on croise quelques crânes rasés ou enfoulardés, prêts à toutes les provocations dès l’instant qu’elles fragilisent le pouvoir.

Non, les salariés victimes des plans sociaux ont toutes les raisons de ne pas prêter main forte aux manipulateurs de tous bords qui cherchent tout sauf l’intérêt des territoires touchés et des gens qui y habitent. Les manifestations organisées par tous les syndicats sauf FO le 23 novembre permettront que s’expriment enfin véritables revendications des salariés. Car ceux qui continuent de réclamer d’ouvrir grand les vannes de la déréglementation au nom de la liberté d’entreprendre sont co-responsables de la situation dans laquelle se trouvent les entreprises et ceux qui en dépendent L’écotaxe dans tout cela a bon dos. Elle n’est qu’un prétexte. Mal expliquée, mal définie, actuellement elle est loin d’être parfaite et il faut revoir de fond en comble sa mise en œuvre, mais son principe verra le jour tôt ou tard.

Quant au modèle breton, répétons qu’il a besoin d’être revu, corrigé et redessiné par l’ensemble des bretons et non par ceux qui hurlent le plus, brûlent les pylônes et saccagent les préfectures. Il faut en finir avec la course aux volumes, territorialiser l’économie, vertueuse, qui fera de notre position géographique non pas un handicap mais un atout du point de vue énergétique et productif. Espérons que ces préoccupations seront présentes dans le « Pacte d’avenir » en cours d’élaboration. Nous nous y employons.

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