Lettre des élu-e-s n°32

La crise qui frappe le monde depuis 2007 a aggravé les inégalités entre les Etats, mais également à l’intérieur de chaque pays et de chaque région. Les élections européennes du 25 mai prochain auront lieu dans ce contexte marqué par un paradoxe : l'Europe est plus nécessaire que jamais et pourtant elle n'a jamais suscité autant de défiance. Malgré toutes les critiques, assez souvent justifiées et les remises en cause parfois abusives, nous n’oublions pas que la construction européenne a pu apporter à ses citoyens un bien inestimable : la paix.
Mais cette paix reste fragile du fait de l'aggravation des inégalités et il nous faut aller plus loin.
L’Europe sociale est aujourd'hui une urgence pour lutter contre les populismes destructeurs d'humanité et de bien commun. Cette priorité repose sur une convergence des standards sociaux vers le haut pour éviter le dumping social.
Il s'avère plus nécessaire que jamais de mobiliser la PAC pour participer aux réponses à apporter aux enjeux européens et mondiaux du début du vingt et unième siècle. Ces enjeux concernent simultanément la souveraineté alimentaire, la protection des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural et l'emploi, la solidarité avec les pays du Sud. L'avenir de la PAC concerne donc tous les Européens.
En matière de transition énergétique et climatique, l’Europe peut se fixer de manière réaliste un objectif de 40% d’efficacité énergétique et de 45% de renouvelables d’ici à 2030. De tels objectifs généreraient une réduction de près de 55% de nos émissions par rapport à 1990. Les futurs euros députés auront à défendre cette position qui passe par la sortie du nucléaire, le refus de l’exploitation des gaz de schiste, un plan de sortie du diesel et le développement des transports collectifs.
De plus, la réduction de 80 % de la demande énergétique des bâtiments d’ici 2050, permettra de diminuer de 36% les émissions de CO² en Europe. Ainsi, la création d'emplois issus de la transition énergétique s'élève à 705 000 en Europe.
Ce modèle de développement post carbone, économe en ressources non renouvelables, vecteur d'activités économiques, de cohésion sociale et de mieux-être pour tous est incompatible avec le traité de libre-échange en cours de négociation avec les États Unis. Nous devons nous y opposer avec détermination et construire de nouveaux rapports commerciaux avec les pays émergents.
Ces grands défis du 21ème siècle se fonderont sur des volontés politiques fortes mais aussi l'engagement des citoyens. D'où le besoin de proposer des espaces d'échange et d'expression, des actions de coopération qui contribuent à développer un sentiment d'appartenance à des idéaux européens communs, la transparence des institutions et l’ouverture sur le monde.
Il nous faut gérer l'immigration à l'échelle mondiale et supprimer les systèmes répressifs vis-à-vis des étrangers pour qui un avenir meilleur, c'est un avenir ailleurs. Chaque année, 1600 migrants meurent victimes d'une Europe qui se claquemure.
Une Europe qui innove, crée, cultive ses identités plurielles ne peut être qu'une Europe fédérale au sein de laquelle des Régions renforcées sont appelées à prendre toute leur place.
En France comme ailleurs, on redoute une abstention massive et une poussée des partis les plus hostiles à la construction européenne. Pour les écologistes que nous sommes, actifs au quotidien dans la réalisation de projets pour faire avancer la justice sociale et environnementale, il nous semble important d’appeler tous les citoyens européens à désigner leurs représentants dans leur parlement.
Nous espérons que les Bretonnes et les Bretons sauront démontrer à travers ce scrutin les valeurs qui les unissent, leur attachement aux valeurs démocratiques et rejeter toutes les formes de repli et de sectarisme.

Téléchargement :