Lettre des élu-e-s n°35

On avait prévu un épisode de très grande marée pour le week-end du 22 mars. Grâce à des appels multiples et graves à la prudence et à la mobilisation d’un grand nombre de citoyens, le nombre de victimes en France, et particulièrement en Bretagne, a pu être limité, mais les dégâts n’en sont pas moins présents.
Ainsi, le parti de Madame Le Pen peut se glorifier de son score inédit dans une élection locale, résultat des moyens que s’était donné le Front National pour être présent partout, des plus grandes villes aux plus petites communes. Mais il n’a pas réussi son pari de devenir LE premier parti de France. On respire un peu, mais on n’oubliera pas qu’à l’occasion du deuxième tour, rien qu’en Bretagne administrative, 11 de ses binômes sont encore en lice. C’en est bel et bien fini d’un Grand Ouest, à l’abri d’un vote extrême derrière ses traditions de démocratie chrétienne. Le vote d’extrême droite pénètre plus vite et plus profondément en Bretagne que la ligne à grande vitesse.
Malgré tout, la gauche a limité les dégâts après s’être donné tous les moyens pour perdre, en appelant les électeurs à voter pour désigner des représentants à des assemblées dont on ne connaît ni la pérennité, ni les futures compétences, dans le cadre d’une décentralisation dont il ne reste plus que le nom.
Mais la réussite de l’UMP – et de Nicolas Sarkozy– dans cette élection fait peser sur la Bretagne et sur la France de graves menaces. Si nous n’y prenons garde, nous n’aurons bientôt plus le choix qu’entre le retour vengeur de l’ancien Président ou l’arrivée angoissante d’une extrême droite xénophobe et obtuse. C’est dans les semaines, les quelques mois prochains qu’il nous faut réagir.
A la veille du deuxième tour, la ligne est simple. D'abord tout faire pour éviter qu’en cas d’affrontement entre la droite et le Front national, le parti de Madame Le Pen puisse prendre le dessus. Pas question d’imaginer des élu-e-s d’extrême droite dans des Conseils Départementaux bretons.
Ensuite, faire en sorte que toutes les voix de gauche et écologistes se rassemblent au deuxième tour pour être plus nombreuses que celles de la droite.
Cela signifie que toutes les organisations politiques de gauche, à commencer par celle qui domine le paysage, les écologistes et la gauche radicale acceptent de construire et de faire progresser ce qui les rassemble à savoir un engagement déterminé pour apporter des solutions durables aux questions essentielles que sont les enjeux des inégalités sociales, de l’emploi, du climat, de la transition énergétique. Le plus sûr moyen de lutter contre l’abstention désabusée de ceux pour qui l’austérité ne saurait être une fatalité.

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