Au lendemain des régionales, Nicolas Sarkozy carbure au CO2

Après avoir déclaré au salon de l'agriculture que le Grenelle de l'environnement n'était plus une priorité, le président de la République abandonne maintenant le projet de taxe carbone ! Sous la pression semble-t-il des parlementaires UMP. Ces deux annonces révèlent la capacité élyséenne à manipuler l'opinion publique, dans un premier temps pour faire croire que l'UMP est plus écolo que les écolos, dans un second temps pour stimuler le vote écologiste afin d'affaiblir le PS en vue des régionales, dans un troisième temps pour finalement rassurer le lobby industriel en abandonnant purement et simplement tout projet de fiscalité écologique.

Les belles paroles du Grenelle et de Copenhague sont bien loin, la droite productiviste revient à ses fondamentaux, elle caresse dans le sens du poil son électorat naturel. Moralité, la France n'anticipe pas les changements à venir liés à la crise énergétique et climatique. Il est pourtant urgent de définir une fiscalité écologique qui remplace progressivement la taxation du travail. Elle est nécessaire pour permettre la mutation de notre système de production en intégrant la problématique environnementale dans le processus de fabrication et de transport des produits. Elle est nécessaire pour développer à l'échelle des territoires des usages alternatifs plus respectueux de l'environnement et des ressources. Elle est nécessaire pour redessiner de nouveaux circuits économiques et freiner les délocalisations qui se traduisent par des destructions d'emplois en Europe et des transferts vers le sud d'émissions de gaz à effet de serre. Ne rien faire aujourd'hui au nom d'intérêts privés revient à tourner le dos à l'intérêt général de notre pays en ne dégageant pas les moyens pour nous adapter aux enjeux du XXIème siècle et limiter les conséquences dramatiques de la crise climatique et énergétique sur la population, et d'abord sur les plus fragiles.